29

La musique s’arrêta, l’éclairage baissa. Les deux femmes allèrent s’asseoir au calme tandis que la fête se terminait. McKinley et Takahashi s’étaient éloignés sous les arbres pour les laisser seules, et les quelques convives encore présents les observaient avec circonspection, aussi discrètement que possible. Chacun comprenait sans doute la signification de cette rencontre.

Elles commençaient à se sentir plus à l’aise en présence l’une de l’autre. Pas au point de se détendre complètement, certes – toutes deux réfléchissaient longuement aux mots qu’elles prononçaient, Bella en était parfaitement consciente –, mais elles arrivaient au moins à tenir ce qui pouvait passer pour une conversation normale aux yeux d’un observateur extérieur.

— Emily me dit des choses, parfois. Elle n’est pas censée parler de son travail, je le sais, mais je peux me montrer très persuasive, quand je veux.

— Ça ne m’étonne pas, dit Bella, qui se corrigea aussitôt : Que tu t’y intéresses, je veux dire. Il m’arrive de penser que nous devrions laisser tomber ces recherches et arrêter de spéculer, peu importent les conséquences, mais je me demande aussi ce qui se passerait ensuite.

— Si tu veux mon avis, tu as raison.

— J’ai l’impression que la stabilité règne et que nous nous sommes bien adaptés, mais que savons-nous sur les extraterrestres, la structure de Spica ou notre situation à long terme ? Si nous apprenons des choses déplaisantes, nous risquons de nous diviser à nouveau, j’en ai peur.

— Tu penses toujours que…

Svetlana s’interrompit et regarda ses mains.

— Quoi ? demanda doucement Bella.

— Parfois, tu n’as pas l’impression que nous sommes cloués dans ce truc pour toujours ? Ça fait trente-cinq ans que ça dure et nous ne savons toujours pas où est la sortie !

— Trente-cinq ans ? Déjà ?

— Eh oui, Bella. C’est très long.

— Mais pas comparé aux deux cent soixante années-lumière qu’il nous a fallu pour arriver ici. Celui qui a créé Janus nous fait peut-être subir une sorte de quarantaine.

— Et les Fontaines, alors ? Elles sont en quarantaine, elles aussi ? s’exclama Svetlana, dubitative.

— Je l’ignore.

— C’est quoi, leur rôle, dans cette histoire ? Et ces autres espèces sur lesquelles vous possédez des données confidentielles ?

— Des données clairsemées, hélas. En fait, nous n’en savons pas autant que tu sembles le croire.

— Mais nous ne sommes pas seuls dans cette chose, ça, tu le sais. Et que c’est pour cela que les Fontaines ne tiennent pas du tout à ce que nous allions fourrer notre nez de l’autre côté de la porte.

Bella se remémora la désagréable mise en garde de McKinley à propos des Chiens Musqués.

— Je crois qu’elles ont nos intérêts à cœur.

— Elles ont forcément les intérêts de quelqu’un à cœur, ça, c’est sûr, répliqua Svetlana d’un air entendu.

— Durant toutes ces années, nous n’avons rien appris qui nous permette de douter de leur bonne foi.

— Elles ont été bonnes avec nous, c’est vrai. Les rajeunissements, leurs petites faveurs technologiques et culturelles… Mais cette technologie et cette culture étaient celles des humains ! Encore heureux qu’elles nous les aient transmises ! Par contre, nous ne savons toujours rien sur les Fontaines elles-mêmes, à part les miettes qu’elles nous distribuent au compte-gouttes pour exploiter Janus plus efficacement.

— Elles savent ce qu’elles font, j’imagine.

Svetlana était inquiète, visiblement.

— J’ai beaucoup réfléchi à la Rupture, ces derniers temps. Tu ne trouves pas ça bizarre ?

— Quoi ?

— Le fait qu’elles sachent tant de choses sur nous jusqu’à une certaine date, et puis ensuite plus rien…

— Elles n’ont établi le contact avec nous qu’à cette seule occasion, récita Bella, qui connaissait par cœur la version officielle. Tout ce qu’elles ont appris des humains date de cette rencontre, mais au-delà, elles n’ont aucune information.

— Mais leurs signaux vont forcément plus vite que la lumière ! Elles savent peut-être même comment voyager à des vitesses supraluminiques. Sinon, comment expliques-tu que ces connaissances aient pu nous rattraper ?

Mal à l’aise, Bella remua sur sa souche.

— Je ne vois pas où tu veux en venir…

— Si leurs signaux peuvent voyager plus vite que la lumière, comme nous le pensons, tu ne trouves pas étrange que les Fontaines n’aient rencontré qu’un seul vaisseau de la Terre ? Nous savons que les Thaïlandais ont fondé des colonies extrasolaires autour de plusieurs étoiles. Ils ont dû envoyer des tas de vaisseaux dans toutes les directions pendant plusieurs dizaines d’années…

— Les Fontaines n’en ont peut-être croisé qu’un seul.

— Mais ces extraterrestres pratiquent les voyages interstellaires depuis une éternité et leur technologie dépasse largement la nôtre ! Tu te rappelles nos discussions à bord du Rockhopper ? Dès qu’une civilisation découvre le voyage interstellaire, elle est censée se répandre dans une immense zone de la galaxie comprenant des dizaines de milliers de systèmes solaires au bas mot, et ce en très peu de temps.

— Oui, mais ça resterait insignifiant à l’échelle de la galaxie, pontifia Bella, qui le regretta aussitôt.

— OK. On parle de centaines de milliers d’années, mais c’est infime à l’échelle du cosmos. Un clin d’œil, et encore. N’empêche que les Fontaines auraient dû être là, établies en masse dans toutes les directions.

— Qui nous dit qu’elles ne l’étaient pas ?

— Alors comment expliques-tu que les vaisseaux thaïs qui ont sillonné l’espace n’aient croisé qu’une seule fois les Fontaines ? Ça ne tient pas debout, Bella ! Ils auraient dû établir le contact à de multiples occasions et à des moments différents, en fonction de la date de leur lancement et de la distance les séparant d’une colonie fontaine… Ce que je veux dire, c’est que tous ces vaisseaux sont partis avec des données historiques et culturelles différentes, et des mises à jour plus ou moins tardives. Et sauf s’ils se déplaçaient à une vitesse très proche de celle de la lumière, ils devaient recevoir régulièrement les dernières nouvelles de la Terre.

Svetlana sourit et hocha la tête.

— J’aurais aimé trouver ça toute seule, mais non. J’ai écouté les bonnes personnes, c’est tout.

— Je fais pareil, dit Bella en lui retournant son sourire.

— Enfin bref, cette histoire me tracasse. À la suite de ces dizaines, voire ces centaines de contacts, les Fontaines auraient dû collecter des quantités énormes d’informations. Et avec leur moyen de communication supraluminique, elles auraient pu les fusionner sans anicroche…

— N’empêche que la Rupture a fatalement eu lieu. Quelle que soit la fréquence des contacts, il y a forcément eu un dernier vaisseau transportant les données les plus récentes de notre civilisation.

— Je sais, mais quand ce vaisseau a été lancé, l’expansion thaïe devait battre son plein. Autrement dit, cette dernière aurait dû être enregistrée comme réalité historique à bord de ce vaisseau, ne serait-ce que sous forme de données actualisées après son lancement. Mais ce n’est pas ce qu’on nous a raconté, tu es d’accord ?

— Les Fontaines ne nous ont jamais raconté grand-chose ! reconnut Bella. Elles nous laissent tirer nos propres conclusions.

— À partir des données qu’elles veulent bien nous communiquer.

— Je ne vois toujours pas où tu veux en venir…

— Tout cela ne rime à rien, voilà où je veux en venir. Quelque chose ne tourne pas rond ! Si nous croyons à l’histoire qu’elles semblent vouloir nous faire gober, nous devrions accepter le fait qu’elles n’aient eu qu’un seul contact avec nous, les humains. Mais s’il y en a eu un, il y en a forcément eu plusieurs, nous le savons. Pour des raisons qu’elles seules connaissent, nous devrions également accepter qu’elles ne se conduisent pas comme nous l’attendrions de la part d’une civilisation maîtrisant les voyages interstellaires. Évidemment, il existe une autre possibilité…

— Laquelle ?

— Et si elles nous mentaient ?

 

 

Bella se réveilla tôt le lendemain matin, heureuse de ne pas avoir trop bu à la soirée organisée en l’honneur de Takahashi. Le gin ingéré la veille était déjà loin, mais elle jubilait à l’idée d’avoir rétabli une forme de communication avec Svetlana, avec tout ce que cela impliquait pour la colonie.

Bien entendu, elles ne redeviendraient jamais des amies proches, Bella ne se faisait pas d’illusions. Mais le simple fait d’entretenir des rapports cordiaux avec Svetlana allait grandement améliorer la situation qui s’éternisait depuis la crise du Rockhopper. À défaut d’amitié, elles pourraient peut-être sceller une sorte d’alliance.

Cette perspective réjouissante avait de quoi la stimuler, et ce fut effectivement le cas, du moins pendant un temps. Elle se décida à régler enfin certaines questions trop longtemps repoussées, comme l’enquête sur le meurtre de Meredith Bagley. Avec un optimisme renouvelé, elle commença par attribuer des fonds à un certain nombre de projets mis de côté depuis des semaines : nouvelles roues au mouvement perpétuel, nouvelles voies maglev, nouvelles unités centrales ultra-puissantes pour traiter les analyses les plus ardues de l’Institut Ofria-Gomberg.

Les Fontaines leur avaient proposé de découper deux nouveaux trous dans le Ciel de Fer pour soulager le trafic à Sous-le-Trou, et Bella accepta. Puis elle donna son feu vert pour une première étude de faisabilité d’un dôme au-dessus de Crabtree, un dôme qui inclurait l’Habitat Haut et les faubourgs de Mairville et Shengtown. Et il y avait ce projet à plus long terme encore : la constitution d’une atmosphère respirable dans tout l’espace compris entre Janus et le Ciel de Fer. Un jour, ils pourraient se passer des dômes.

En temps normal, Bella se serait consacrée entièrement à ces projets, mais elle repensait sans cesse à sa conversation avec Svetlana. Les doutes que celle-ci avait exprimés quant à la sincérité des Fontaines la hantaient.

À l’heure du déjeuner, elle avait abattu plus de travail qu’au cours d’une journée normale. Comme convenu, elle rejoignit Parry Boyce dans l’un des arboretums et lui fit part de ses progrès dans l’affaire Bagley.

— Il y a quinze ans, j’ai cru toucher au but, mais j’ai renoncé. J’avais trop peur de réveiller de vieux fantômes, lui dit-elle en déballant leur pique-nique. Aujourd’hui, je crois que c’est le bon moment.

Parry voulait savoir ce qu’elle attendait de lui, et elle lui expliqua qu’elle avait besoin d’infos sur les comptes rendus des EVA. À l’époque, avait-on pu les détruire ou les falsifier en mettant cela sur le compte des flexis défaillants ?

— Oui, ce n’était pas très difficile à faire pour ceux qui avaient accès à ces comptes rendus, lui répondit-il.

Parry ayant subi un rajeunissement trente ans auparavant, il semblait avoir la soixantaine, physiquement parlant. Avec sa moustache grise et ses boucles grises clairsemées s’échappant de son vieux bonnet rouge décoloré et inlassablement raccommodé, il avait l’air toujours aussi costaud et musclé, comme tous ceux qui passaient beaucoup de temps dans les secteurs sous gravité élevée.

— Peut-il en exister une sauvegarde quelque part ?

— C’est drôlement vieux… grimaça-t-il.

Bella jeta quelques miettes à un écureuil qui flânait par là, un des petits mammifères génétiquement recréés pour peupler les arboretums.

— Quarante-trois ans, ce n’est plus si long, Parry…

— Tu vas déclencher une tempête.

— Mieux vaut tard que jamais. Je ne peux plus laisser cette affaire en friche ! Nous allons rouvrir cette dernière blessure parce que c’est le seul moyen de la guérir et de tourner définitivement la page.

— Tu as peut-être raison…

— Bien sûr que j’ai raison ! Quand Thom Crabtree a été assassiné, vous n’avez pas attendu pour punir les responsables. Vous avez agi rapidement, brutalement, efficacement. Je ne l’ai jamais dit à personne, mais j’ai approuvé la manière dont cette affaire a été gérée.

Bella perçut un éclair de douleur dans le regard de Parry. Elle venait de lui rappeler des souvenirs qu’il aurait préféré oublier à jamais : l’impact percutant de la foreuse contre le fin blindage des casques, le sang éclaboussant la glace, le deux corps agenouillés tombant en avant comme des suppliants.

— Je ne suis pas fier de ce que nous avons fait à Chanticler et Herrick. Nous n’aurions jamais dû les exécuter.

— Nous n’exécutons plus, désormais. Nous enfermons les gens.

— Oui, parce que les extraterrestres nous observent.

Bella froissa son sac de pique-nique.

— C’est une question de sens pratique, voilà tout. Les prisonniers peuvent encore rendre service à Crabtree.

— Tu les ferais exécuter s’ils n’étaient plus utiles à rien ?

— Je ne sais pas. Ça changerait quelque chose, si je te répondais par l’affirmative ?

— Je vais voir ce que je peux trouver pour toi, lui dit Parry en se levant. Mais tu dois comprendre que ça aura forcément des répercussions.

— Il y en a toujours, conclut Bella.

 

 

Après son entretien avec Parry, elle se rendit au laboratoire sécurisé qui abritait le cube noir. Enterré sous l’un des faubourgs de Crabtree, l’endroit était protégé par quelques couches de roche pulvérisée et d’isolant phonique, ainsi que par plusieurs cages de Faraday.

Le cube faisait l’objet d’une surveillance permanente. Ce jour-là, c’était au tour d’Hannah Ofria-Gomberg de le chouchouter. Les robots chargés de le soumettre à une série d’analyses méthodiques cliquetaient et vrombissaient de-ci de-là. C’était un travail totalement dépourvu d’intérêt et Hannah parut à la fois ravie d’avoir de la compagnie et surprise que ce soit celle de Bella.

Quand celle-ci arriva, la jeune fille était assise dans un siège rembourré, ses pieds bottés posés sur le bureau. En voyant Bella, Hannah arracha de son nez ses lunettes en écailles de tortue, accessoire délibérément voyant au chic rétro de la fin du vingt et unième siècle. Les écouteurs de la jeune femme diffusaient de la musique d’opéra, la grosse tendance du moment. Tous les gosses en étaient fous.

— Tout va bien, Hannah. Ce n’est pas une visite de contrôle. Je passais par ici et je viens voir comment ça va.

— Rien de neuf à signaler, dit Hannah en ramenant ses longues jambes sous le bureau. C’est toujours la même chose. Vous avez lu notre dernier rapport ?

— Oh oui, soupira Bella en levant les yeux au ciel. Toujours aussi palpitant ! Vous méritez tous une médaille pour tout le temps passé à vous cogner la tête contre ce bidule.

— Et si nous le cognions avec autre chose, pour tenter d’arriver à un résultat ?

Bella hocha la tête d’un air grave.

— Je suis certaine que nous apprendrions un ou deux trucs sur ce cube en le découpant au chalumeau thermonucléaire. Mais il n’en resterait plus grand-chose, si vous voulez mon avis.

— On pourrait juste l’écorner…

— Un jour, peut-être. En attendant, vous allez devoir patienter.

Bella se dirigea vers le cube en rotation et s’arrêta juste derrière la ligne rouge tracée au sol, limite que les observateurs devaient respecter pour que leurs champs bioélectriques ne perturbent pas les analyses.

— Qu’est-ce que je peux… commença Hannah.

— Rien de spécial. Parfois, j’aime bien descendre ici et le regarder un moment. C’est une énigme, et je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’un jour elle va se résoudre d’elle-même sous mes yeux. Comme ces problèmes psychologiques qui disparaissent du jour au lendemain.

— Oui, ce cube fait cet effet-là à plein de monde. Les gens viennent, ils regardent cette chose… et puis ils reviennent, et ils la fixent, fascinés. Comme s’ils percevaient quelque chose dans cette noirceur, un message suggéré…

— Et vous, vous le ressentez aussi ?

— Non. Je vois un cube noir, c’est tout. Un de ces trucs que j’aimerais bien ouvrir pour voir ce qu’il y a à l’intérieur.

— Ravie de constater que ce travail n’entame pas votre moral.

Bella avait étudié les rapports consciencieusement, au point parfois de s’endormir dessus, mais sans jamais y déceler le moindre indice sur la fonction réelle de ce cube. C’était un objet de fabrication humaine, indéniablement, mais datant probablement d’après la Rupture. Si c’était bien le cas, quels secrets contenait-il ? Et plus encore, comment avait-il atteint Janus ?

Les Fontaines ne le mentionnaient jamais. Si elles connaissaient son existence – grâce à leurs contacts avec les humains –, elles devaient avoir décidé de ne pas en parler aux colons de Janus.

Mais pourquoi ?

Elle avait la désagréable impression que les Fontaines agissaient ainsi parce qu’elles ne voulaient pas que les colons s’intéressent de trop près au cube.

Bella repensa à sa conversation avec Svetlana et aux doutes empoisonnés que celle-ci avait semés dans son esprit. La première fois qu’elle avait rendu visite aux Fontaines, c’était juste après avoir découvert l’existence du cube. Cette découverte encore toute fraîche devait briller de mille feux dans sa mémoire quand elle avait subi son rajeunissement.

Elles devaient être au courant.

Donc – encore une fois – pourquoi ne l’avoir jamais mentionné ?

Le cube poursuivit sa lente et hypnotique rotation, forme abstraite d’une noirceur absolue se déformant continuellement. Le dessin de l’homme stylisé de Vinci se présenta, aigle aux bras écartés s’offrant à la dissection. Les machines analysaient et traquaient la moindre donnée nouvelle. Derrière la ligne rouge, Bella s’imagina en train de toucher le cube. Un jour, elle l’avait effleuré avec des gants sensoriels. Elle avait caressé cette surface euclidienne incroyablement dure, comme gravée dans le fondement même de la réalité, et avait senti un peu de son antiquité ramper dans le flux des données. Ce jour-là, elle n’avait pas eu le courage d’ôter ses gants et d’appuyer sa paume contre la matière.

Soudain foudroyée par une irrésistible compulsion, elle sut qu’elle devait le faire. Elle en avait besoin, un besoin écrasant, vital.

Le cube voulait un contact humain.

Le cœur battant à tout rompre, Bella hoqueta et recula précipitamment avant de provoquer des dégâts. Son envie de toucher le cube avait eu un caractère quasi sexuel, comme les ultimes instants précédant l’orgasme.

— Bella ? Vous allez bien ? s’inquiéta Hannah.

Elle reprit son souffle et recula encore prudemment d’un pas. Le cube exerçait toujours cette attraction sur elle, plus faiblement à présent, mais toujours comme s’il la contrôlait plus ou moins. Le dessin de Vinci se présenta à nouveau devant elle, avec ce visage réduit à un motif sommaire, mais dont l’expression sereine semblait contenir la promesse d’un savoir immense et destructeur… d’un fardeau presque insupportable…

— Que veux-tu de moi ? murmura-t-elle.

Elle se faisait sans doute des idées, mais au même moment elle sentit une réponse muette envahir son cerveau, telle une chaude marée estivale. Ce n’était pas un mot, ce n’était même pas le souvenir d’un mot, c’était une unique vérité, une vérité dévastatrice.

Toi.

 

Janus
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